SuperMam à coeur ouvert

8 ans

Aujourd’hui nous sommes le 6 novembre. Cette date sera à tout jamais liée aux battements de mon cœur. Aux tiens aussi. À notre rencontre.

Mon fils… Que c’est doux de prononcer ces mots. Que c’est beau d’avoir la chance de les prononcer grâce à toi. Maman… Ce mot qui est devenu réel grâce à toi.

Aujourd’hui c’est la journée que tu attendais le plus depuis quelques semaines. Décomptant chaque matin les jours qu’il te restait à parcourir avant LA journée. Celle de ton anniversaire. Celle dont tu sais que je te raconterai quasi chaque minute de ce jour de 2010 où tu t’es enfin présenté moi.

Et ce matin, c’est le premier truc que tu m’as demandé, à peine tes pieds étaient posés par terre.

– Maman, raconte-moi MA journée…

Oui c’est TA journée mon chat. Celle où tu es né. Celle où le monde t’a accueilli. Celle où moi je t’ai reçu.

Dans la douleur. Pas la douleur physique. Enfin si. J’ai eu mal. Comme toutes les femmes qui donnent la vie. Enfin je crois. Mais ce n’est pas cette douleur qui m’a marquée.

La douleur psychique. Morale. Intérieure. Ton arrivée à été un tsunami force 1000 que j’ai pris en pleine face. Je n’étais pas prête… Pas du tout.

Je crois que je n’étais pas prête à devenir maman. Je crois que je n’étais pas faite pour ça.

Et pourtant, tu m’as choisie. Moi. Ton âme a choisi mon ventre pour grandir. Pour t’épanouir. Pour que le monde t’accueille.

Tu as été bercé par les battements de mon cœur. Mon cœur meurtri par la peur, les doutes, l’angoisse de devenir mère. Souvent, tu reviens contre ma poitrine. Et tu poses ta main dans la mienne. Tes petits doigts serrent les miens. Et ton âme apaise la mienne.

Je ne suis pas la mère parfaite que tu mérites. Tu mériterais tellement mieux.

Je t’ai fait du mal. J’ai été noyée dans la violence. Incapable de faire face à ce que je ressentais.

Pardon. Mon bébé. Pardon. D’avoir été une mère ignoble. D’avoir été si mauvaise. Si fragile. Si perdue…

Je voulais écrire un article dans lequel je parlerai du merveilleux petit grand garçon que tu es. De ton intelligence. De ton empathie. De ta générosité. De ta fragilité aussi. De tes fous rires. De ce qui fait de toi un petit garçon tendre, gentil, câlin, doux, extraordinaire, merveilleux, beau et sensible. Mais aussi vif, impatient, boudeur, têtu et déterminé.

Au lieu de ça, me voilà à pleurer des douleurs qui m’ont empêchées d’être une maman à la hauteur de la beauté de ton âme. Mon bébé. Que le monde est cruel. Que j’ai été cruelle.

Ce tout petit être qui s’est lové dans mon ventre puis, tout doucement, dans mon cœur, puis dans mon âme, m’a fait grandir. Nos âmes sont enfin liées. J’ai mis du temps. Beaucoup. Trop.

Aujourd’hui tu fêtes tes 8 ans. Comme je suis fière de toi. Comme je t’aime. Comme tu es beau. Comme tu es grand. Comme…. Comme…. Comme tu me fais vibrer. Au-delà de mes peurs angoissantes et violentes, je sais aujourd’hui que je t’aime.

Oh je le sais depuis quelques années maintenant. En fait je l’ai toujours su mais je ne voulais pas me laisser fondre d’amour. Et pourtant, j’ai laissé tombé les murs. Ton cœur a ouvert le mien…

Comme je te suis reconnaissante. De m’avoir choisie, moi, l’imparfaite, la peureuse, la flippée, la névrosée, l’autoritaire, la sensible…

Aujourd’hui, comme toutes ces années, j’ai revecu TA journée, minute par minute. Ressentant la moindre émotion telle qu’elle était il y a 8 ans. Jusqu’à certaines contractions mémoire. Je t’ai tout raconté. Encore une fois. Jusqu’à l’explosion de ton arrivée. On a regardé tes albums. J’ai senti ton cou…

Ton arrivée parlons-en, tiens. À la lumière d’un feu d’artifice qui surplombait la tristesse de l’hôpital, je t’ai d’abord refusé. Je n’étais pas prête. On t’a posé sur ma poitrine. Je n’étais pas prête mais ton cœur battait si fort que je croyais qu’il allait sortir de ton si petit corps. Alors à la lumière du feu d’artifice, nos cœurs se sont coordonnés. Enfin je crois.

Et aujourdhui, tu es venu coller ta tête sur mon cœur. Comme si tu savais que ce bruit, que tu connais si bien, qui te rassure je crois et surtout qui nous unit, n’avait besoin d’aucun autre mot pour que tu saches tout mon amour pour toi.

Et ce moment à été le meilleur de MA journée. Parce qu’en fait je sais que tu sais. Je sais que tu sais que je t’aime. Que je regrette tout ce que j’ai fait. Que je m’en veux au plus profond de moi.

Je sais que tu sais. Parce que tu es un petit garçon merveilleux.

La vie m’a offert le plus beau des cadeaux. Et même si l’ouverture du paquet a été atrocement difficile, ça en valait la peine parce qu’ à l’intérieur de la boite se trouvait le plus précieux de tous les cadeaux. TOI.

Alors je te souhaite un joyeux et doux anniversaire et surtout, je veux te dire que je t’aime jusqu’à la lune et les étoiles.

SuperMam, maman fragile et tellement amoureuse de son fils.

2 réflexions au sujet de “8 ans”

  1. c ‘est magnifique ma laurette comment tu arrives à exprimer l ‘arrivée douloureuse de ce petit être ,qui doit sacrement être fier de sa super maman!!!!Mission accomplie

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